Humanités Littérature et Philosophie

Voir du Pommerat en vrai

Par ELODIE FUCHS, publié le mercredi 5 mars 2025 11:17 - Mis à jour le mercredi 5 mars 2025 11:17
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Les terminales HLP ont eu la chance d'assister à la recréation de "La Réunification des 2 Corées" de Joël Pommerat - pour en conclure que le théâtre, il faut aller au théâtre pour le comprendre.

Le 30 janvier, les élèves de Terminales HLP ont assisté à l'Estive, scène nationale de Foix, à l'une des deux représentations de La Réunification des deux Corées, texte de Joël Pommerat porté par ses complices de la Cie Louis Brouillard. 

Voici quelques uns de leurs avis :

« La lumière s’allume accompagnée d’une voix amère : celle d’une femme à qui on refuse le divorce. Suivront plusieurs saynètes traitant plus ou moins durement du thème des relations amoureuses. De la séparation qui déchire à l’amour qui emprisonne, tout est fait pour vous dégoûter d’avoir une quelconque liaison avec quelqu’un. Cependant, le charme du théâtre opère et on rit de l’absurdité des situations plutôt que d’en pleurer. (…) Spectacle puissant à l’arrière-goût amer, il se veut sans doute réaliste mais ne laisse pas beaucoup d’espoir quant à une amélioration possible. « La réunification des deux Corées » sonne comme une utopie, par définition impossible à réaliser. » Iris

« Dans cette pièce rocambolesque, Joël Pommerat met en scène des épisodes de vie, des évènements dans le quotidien de ceux qui s’aiment ou de ceux qui pensent s’aimer. Les scènettes alternant entre le désespoir le plus terrifiant et un dialogue au goût doux-amer accompagné de tirades comiques. (…) Les scènettes mettent le public devant des situations familiales et amoureuses qui semblent irréalistes tant elles plongent dans l’extrême. (…) Les personnages ressemblent à monsieur et madame tout le monde. Seules leurs paroles et leurs actions se démarquent alors qu’ils se trouvent face à une crise qu’ils ne peuvent pas contrôler. Ils sont dans un certain sens notre propre reflet tordu qui déforme ce qu’il capte dans le monde humain. » Frida

« Les scènes sont organisées en deux ou trois étapes : stabilité vers folie, tension vers divagation ou naufrage. Des couples qui s’effritent, des relations qui tournent à la colère, à la folie, à la haine. (…) Pommerat cherche autant à montrer une relation entre deux êtres qu’une relation à l’amour-même. (…) Des jeux de lumière forts accroissent la plupart du temps l’effet terni, dans les nuances de grisailles, de la majorité des scènes. Elles prennent l’apparence de chemins d’ombre portées, et donc de barrières. Les comédiens sont très éloignés du public, souvent au niveau du dernier rideau, ce qui accentue l’ombre sur leur visage et blafardise leur peau, ce qui les rend comme des silhouettes. Cela est amplifié par l’usage de micros qui donne l’impression que leurs voix ne viennent pas de leurs corps, comme des ombres-chinoises. La pièce a l’aspect d’un conte oral sur fond de marionnettes. » Loukas

« Le jeu des comédiens était subjuguant. On eût dit qu’ils étaient tous les personnages qu’ils incarnaient. J’ai ressenti ça comme vivant et vécu. J’ai réellement senti de la vie, de la joie, de la peur, de la culpabilité, du désespoir, de l’amour, de la haine, de la colère, de l’envie, de la raison, du scepticisme, de la tristesse dans chacune des voix. J’affirmerais pour ma part que ce spectacle était réellement de l’art, car au-delà de me faire penser, il m’a fait ressentir au plus profond de moi des émotions. » Emma

« La chanteuse qui faisait les transitions, ou qui intervenait lors de certains scènes irrésolues, étaient salvatrice, et avait peut-être pour fonction de soulager le public, et de rappeler à travers une mis en abîme que tout cela n’était que du théâtre. (…) J’ai trouvé que ce spectacle était froid et cynique dans son ensemble, mais il m’a pourtant plu. » Héloïse

 

Crédit photo : Agathe Pommerat